Chaussons d’escalade : comment choisir, comment entretenir, et comment réparer ?

Chaussons d’escalade : comment choisir, comment entretenir, et comment réparer ?

24 mars 2020 0 Par Novatopo

Combien de paires de chaussons avez vous déjà pu tester dans votre vie ? Pas assez sans doute pour savoir la différence entre telle ou telle paire. En ce moment j’utilise pas moins de 8 paires différentes et je peux vous assurer qu’elles sont toutes différentes sur bien des aspects. Voici mes conseils en fonction des utilisations. Notez que ma pointure de ville est du 43.

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Quels chaussons d’escalade acheter

La Sportiva Miura : la référence absolue. A mon sens les meilleurs chaussons du monde pour la grande voie et la voie sportive. Passe partout en plus d’être fiable sur les appuis et confortables. Le talon est pas mal et la pointe est très bonne. Pas étonnant que Alex Honnold les utilise en solo et que Adam Ondra grimpe les voies les plus dures du monde avec. Si vous ne devez acheter qu’une seule paire pour la voie c’est celle ci ! J’en ai 2 paires actuellement : l’une de 42 pour les grandes voies que je n’enlève pas pendant 8 heures de suite et l’autre en 41 pour la falaise que je retire entre chaque voies.

La Sportiva TC Pro : La paire de chaussons que je recommande avant tout dans certains types de terrains : escalade en haute montagne et fissure. La semelle est plate et un peu rigide : avec elle, il est possible de bien tenir sur du granit du type Chamonix, Ecrins ou Yosemite. Ils sont montants donc ils maintiennent bien la cheville. C’est pratique en fissure quand on coince son pied de côté dans la fissure. En altitude, ils tiennent chaud et c’est un vrai plus. Je les garde aux pieds toute la journée et ils remplacent très bien les grosses. Je les porte en 41,5 + paire de chaussettes.

La Sportiva Solution : Mes chaussons de bloc que j’adore. Je les utilise aussi en falaise dès que j’arrive dans le niveau 7. Je les porte en 41 et ils me semblent serrés jusqu’aux orteils  juste ce qu’il faut. J’arrive à les garder presque 1 h au pied si je me suis habitué. La pointe est juste exceptionnelle et le talon est une merveille. Ils sont très courbés, aussi ils s’apparentent à une voiture de course : à savoir ne pas les sortir pour toutes les occasions. Une utilisation pour les voies très techniques avec des positionnements de pieds exigeants.

Red Chili Spirit VCR : C’est la paire que j’utilise en salle pour les voies. Je ne l’utilise que lorsque ma paire de chaussure principale est partie en réparation. Ils sont en 42 et je les trouve très confortables. Cependant, ils ne sont pas précis du tout avec leur bout très arrondi. Du coup, ils suffisent dans le 5C et le 6A lorsque les placements de pieds sont aisés et grossiers. On sent vraiment un chausson de milieu de gamme qui a un compromis sur juste ce qu’il faut. Le talon est plutôt correct et les velcros tiennent très bien. C’est assez rare : j’ai pu tester plusieurs chaussons avec des velcros qui ne tiennent pas dans la durée et là c’est l’inverse ! Je préfère largement les lacets de manière générale.

La Sportiva Mantis : Je vais faire court – à mon sens ils sont pareils que les Red Chili Spirit VCR. Ils vont sous peu remplacer ma paire de Red Chili qui a un peu vieilli. Je les porte en 42.

EB Patlabor : C’est la paire principale pour la salle que j’utilise presque tous les jours en voie. Légère, super confortable, douce, pas chère, précise en pointe, pas trop mauvaise en talon : je me sens dedans comme dans des chaussons à la maison. Pour vous dire: j’ai grimpé jusqu’au 7B avec ! Pas assez rigide, ils sont moyens en poussées, mais c’est le seul défaut véritable. Le vélcro est moyen également mais ça c’est systématique avec les velcros à quelques exceptions près. Le compromis prix et précision est au rendez vous. Je troue une paire par mois avec une moyenne de 2 km de voies par semaine : vous comprenez le problème ! mon budget chausson est conséquent : je dois jouer sur le compromis car je n’entretien pas beaucoup.

Simon Vuarde : Ils se rapprochent des Red Chili et des Mantis en moins bien. J’alterne avec les Red Chili et les Mantis pour les user en même temps. Ils passent bien dans le 5C et 6A bien qu’ils ne soient pas super confortables. Avec une forme en pointe ronde, semelle plate et pas asymétrique ils n’ont rien de fous si ce n’est qu’ils se trouvent facilement d’occase sur leboncoin et que le produit est souvent dans un état correct. Je les utilise et m’en satisfait pour ce que j’en attends d’eux.

Simon Rock : Le pire chausson du marché sans l’ombre d’un doute. Il n’est bon nulle part, même sur son prix ! A mon avis, il ne devrait pas coûter plus de 10 €. Il n’est même pas agréable quand on marche. A mon sens pied nus ou en tongs on est presque mieux. Je les utilise pourtant et pas qu’un peu. Je les porte en 42. Mon souci est le volume de grimpe que je fais chaque semaine : cela m’oblige à utiliser des chaussons pas chers… A la salle je grimpe pieds nus souvent, mais les autres grimpeurs n’apprécient guère. Aussi j’utilise cette paire décathlon pour les voies allant jusqu’au 5B pour l’échauffement. Je fais donc pas loin de 200m chaque jour avec. Ils ne s’usent pas très vite. Ils suffisent amplement aux débutants occasionnels à vrai dire.

Simon Rock : Le pire chausson du marché sans l’ombre d’un doute. Il n’est bon nulle part, même sur son prix ! A mon sens il ne devrait pas couter plus de 10 €. Il n’est même pas agréable quand on marche. A mon sens pied nus ou en tongs on est presque mieux. Je les utilise pourtant et pas qu’un peu. Je les porte en 42. Mon soucis est le volume de grimpe que je fais chaque semaine : cela m’oblige à utiliser des chaussons pas chers… A la salle je grimpe pieds nus souvent, mais les autres grimpeurs n’apprécient guère. Aussi j’utilise cette paire décathlon pour les voies allant jusqu’au 5B pour l’échauffement. Je fais donc pas loin de 200m chaque jour avec. Ils ne s’usent pas très vite. Ils suffisent amplement aux débutants occasionnels à vrai dire.


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Prendre soin de ses chaussons d’escalade

L‘entretien de ses chaussons est l’assurance d’une bonne longévité et permet accessoirement de tuer les bactéries. Rien ne rend plus mal à l’aise que d’enlever ses chaussons à côté d’une partenaire lorsque leur odeur évoque le marécage, si vous voyez ce que je veux dire. 

Plusieurs solutions s’offrent à vous afin de nettoyer ses chaussons d’escalade.

La bombe désinfectante. C’est la méthode la plus simple : efficace certes mais pas radicale. Ca marche si vous l’utilisez régulièrement.

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Le nettoyage à la main : rapide et facile. Mon conseil est de le faire une fois par mois sous la douche avec une vieille brosse à dent pour l’intérieur et une brosse plus grosse pour l’extérieur. Utilisez un savon peu agressif et ne frottez pas trop fort au risque d’abîmer le cuir de la chaussure. La languette est fragile : ne tirez pas dessus. Mieux vaut défaire un peu les lacets.

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La machine à laver : à utiliser avec soin et précaution. Tout d’abord utilisez un filet. Ensuite, utilisez un nettoyant sans savon type shampoing bébé. La machine doit être en mode délicat sans essorage. Ne dépassez pas 30°. Je vous conseille de n’avoir recours que très occasionnellement à cette technique. Ca marche bien mais ce n’est pas ce qu’il y a de meilleur pour le cuir. La gomme en revanche ne craint rien. Ne pas faire sécher les chaussons au soleil.

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Réparer ses chaussons d’escalade

Il existe plusieurs réparateurs professionnels qui savent réparer la gomme trouée. C’est un procédé bien au point que je recommande. Le maximum que j’ai pu obtenir est 4 ressemelages de la même paire de chaussons. Ca redonne une nouvelle vie aux chaussons. Un véritable plaisir de retrouver ses chaussons faits à votre pied pendant parfois plusieurs années !

Je recommande au choix Sportresole

ou la salle Roc & Resine qui répare vos chaussons

Il faut compter entre 25€ et 50€ pour une paire. Le mieux est de se regrouper pour économiser des frais de port. Ils sont très pro et ont l’habitude.

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Une solution en mode bricolage si vous vous retroussez les manches. Mais il s’agit là d’une solution provisoire. J’y ai recours une fois par semaine pour réparer mes chaussons avec de légers trous. J’utilise du Shoe Goo. Une petite noisette qu’on étale avec une baguette sur le trou. Ca sèche en 12h et ça tient facilement jusqu’à 1km de voie en salle. J’ai même été jusqu’à 3km de paroi en faisant attention. Les murs râpeux des salles usent plus vite les chaussons que l’extérieur.

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A vos chaussons et bonne grimpe !

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Par : Thomas Revest