Les accidents en alpinisme

L’alpinisme n’a d’égal à sa beauté que sa dangerosité. Vaincre un sommet, cela se mérite et il faut accepter de prendre des risques pour y arriver. La montagne dicte ici ses règles et rien n’est acquis lorsqu’on veut atteindre un sommet de plusieurs milliers de mètres. L’histoire de l’alpinisme est marqué par des tragédies tristement célèbres  qui ont emporté de nombreux alpinistes. Tel est le cas par exemple pour l’alpiniste polonais tomek mackiewicz lors de son ascension du nanga parbat avec elisabeth revol, un sommet connu pour être bien plus technique que l’everest, avec les secours pakistanais qui n’ont pas pu aller le chercher. Ces accidents tragiques qui donnent aux victoires une valeur inestimable.

Faire de l’alpinisme est dangereux ! Mais cela rend l’expérience plus belle et plus récompensante. La dangerosité de l’alpinisme vient de l’environnement dans lequel on évolue. L’escalade en comparaison est une promenade de santé. En escalade on craint principalement l’inattention de son compagnon de cordée ou un caillou qui peut nous tomber sur la tête. En alpinisme la chanson est bien différente, et souvent, un sauvetage doit être rapidement organisé. C’est l’incertitude est la règle. Voilà les dangers en alpinisme.

Le mal des montagnes :

Quand on parle du mal des montagnes on parle de problèmes physiologiques et pas de vertiges. Le mal des montagnes signifie que l’on ne supporte pas l’altitude car l’oxygène se fait rare. Cela se traduit par des symptômes comme le mal de tête ou la nausée au début. Il est possible d’y remédier avec de l’aspirine. Mais le meilleur moyen de le combattre est l’acclimatation. Le corps s’habitue alors au manque d’oxygène.

Dans les zones de très haute altitude les alpinistes peuvent être victimes d’oedème pulmonaire. Il faut alors faire des piqûres et redescendre sans attendre. C’est l’une des principales causes de mort dans la chaîne de l’himalaya.

Le froid :

Les vêtements réservés à l’alpinisme disposent d’une technologie moderne qui aide bien à combattre le froid. Cependant, les engelures et les gelures sont très fréquentes. Les engelures peuvent apparaître dès 2000 mètres d’altitude dans les moyennes montagnes. Dès lors que vous exposez vos extrémités au froid trop longtemps, les gelures peuvent se produire. Le pire c’est que vous ne sentez rien.

J’en veux pour preuve deux anecdotes personnelles que j’ai vécu ces 5 dernières années : 

L’une était lors d’une ascension au Mont Aiguille dans le Vercors en décembre : je bataille 6h sur la face nord avec mes piolets tractions et des bons gants pour atteindre le sommet, puis je rentre à la maison en conduisant tranquillement. Le lendemain je m’aperçois que je ne sens plus mes doigts au delà de la deuxième phalange : plus de sensation : chaud froid ou simple sensation de toucher un objet. Les sensations sont heureusement revenues au bout de 3 mois.

L’autre était à Chamonix lors de l’ascension d’un 4000m avec un ami en juillet. La journée se déroule parfaitement bien avec un ciel à peine voilée, malgré des températures froides. Tout se passe à merveille et nous arrivons à Chamonix en fin de journée. Nous nous arrêtons dans un bar pour fêter ce sommet vaincu avec tout le monde et nous décidons de retirer nos chaussures pour être plus à l’aise : rien de particulier sur le moment. Mais le lendemain matin mon ami me dit qu’il a les orteils qui ont changés de couleur. Il va à l’hôpital et se fait amputer le bout des orteils sur un pied.

Attention donc au froid qui endort. On commence à le sentir mordre puis ensuite c’est trop tard pour réagir car on ne sent plus rien.

La crevasse

Sur les glaciers, les crevasses sont partout. Le danger est qu’elles sont souvent invisibles, surtout à la tombée de la nuit. Des ponts de neige plus ou moins solides recouvrent les crevasses et les cachent. Sur un glacier on s’encorde avec des cordées pour se protéger des chutes dans une crevasse. L’inconvénient des crevasses est qu’elles sont plus ou moins profondes. Ainsi on peut comprendre que chuter dans une crevasse de 50 mètres de profondeur dont le fond est gelé peut entraîner facilement la mort si les secours n’arrivent pas à temps. La crevasse est l’un des risques aléatoires auquel les alpinistes sont obligés de se confronter.

La seule solution est de rester encordé, d’avoir un arva et de connaître la manipulation pour sortir d’une crevasse. Les guides sont là pour vous expliquer les manipulations pour vous sortir d’une telle situation.

Le dévissage

C’est une erreur humaine qui peut être évitée. Dévisser signifie que vous glissez et n’arrivez pas à vous arrêter. Ce type d’incident arrive malheureusement régulièrement en cas d’erreur d’initiation. Vous pouvez imaginer qu’en haute montagne ce type de glissade se termine rarement bien. Les pentes sont en effet gelées, glissantes et pentues. Il faut donc avoir de bons réflexes pour éviter des conséquences tragiques lors des dévissages.

Les chutes pierres

Les pitons rocheux qui gèlent l’hiver et dégèlent l’été sont en proie à bouger et des blocs entiers peuvent se détacher. Aussi lorsque vous grimper en montagne, les chutes de pierres sont très fréquentes. Il faut donc éviter les périodes chaudes de la journée. Les alpinistes commencent leur journée tôt pour minimiser la fonte de la glace qui entraîne une instabilité du terrain.

Le port du casque est recommandé, ainsi que de se tenir à l’écart des couloirs réputés pour leur instabilité. Il faut progresser avant le dégel. 

Les chutes de séracs

Les séracs sont des blocs de glace que l’on retrouve sur les glaciers et qui n’ont qu’une envie : tomber. Les chutes de séracs sont l’une des causes d’accidents mortel les plus fréquents. Lorsque des milliers de m2 de glace nous tombent dessus, on ne peut malheureusement rien faire. Aussi il est conseillé de ne pas passer devant une barre de séracs pendant une période de dégel. L’alpiniste privilégie les périodes très matinales pour traverser un endroit exposé aux chutes de seracs. Dès la même manière, il passe vite cet obstacles qui est plus fort que lui.

La rupture de corniche

La corniche est une terrasse en neige que l’on retrouve sur les arrêtes et les flancs de montagnes. Les corniches peuvent être fragiles et il faut ne pas s’y attarder. Il faut privilégier les périodes de gel pour les traverser. C’est sur une corniche qui a cassé qu’est mort l’un des plus grands alpinistes français : Patrick Berhault, dans les Alpes. La corniche est formée par le vent et elle est souvent fragile.

L’avalanche

Les avalanches peuvent aussi bien arriver naturellement que par une personne qui décroche une plaque de neige. Elles sont la principale cause de décès en haute montagne. Les avalanches sont malheureusement meurtrières et tristement célèbre pour leur capacité à entraîner plusieurs personnes en même temps. En 2012, 9 personnes ont trouvés la mort dans une avalanche au col du Mont Blanc du Tacul.

Le mauvais temps

Il est rare de s’aventurer en montagne dans la tente, mais il arrive que le temps change vite en haute altitude. Les alpinistes profitent bien souvent de courts créneaux pour réaliser leur ascension. La tempête empêche les alpinistes de progresser et les oblige à s’immobiliser. C’est le froid qui a alors raison d’eux. Fort heureusement les prévisions météos ont fait d’énorme progrès et les accidents dus au mauvais temps sont plus rares de nos jours même s’ils arrivent encore.

Nous espérons ne pas vous avoir découragés d’aller gravir des sommets. Vous l’aurez compris, les sommets des montagnes se méritent et il faut redoubler de prudence pour s’y aventurer. Nous vous recommandons de prendre un guide pour vous accompagner car il connaît la montagne. Tous les guides de montagne sont sur novatopo.com

Par: Thomas Revest

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